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Australie / Droits des réfugiés et des demandeurs d'asile / Événement / Plaidoyer

La politique australienne de dissuasion à l’égard des demandeurs d’asile

La politique australienne de dissuasion à l’égard des demandeurs d’asile

Genève, Suisse. Destination Justice, en collaboration avec Franciscans international et Edmund Rice international, a présenté un événement sur les «Droits de l’homme des demandeurs d’asile en Australie» parallèle à la 30ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le 15 septembre 2015. L’événement a été bien accueilli et a attiré l’attention de plusieurs missions permanentes, dont l’Australie, le Canada, l’Allemagne, l’Indonésie, la Russie et le Royaume-Uni qui ont envoyé des représentants.

Phil Glendenning, directeur de Edmund Rice Centre à Sydney et Président du Conseil des réfugiés australiens, a pris la parole par visiophonie et a pu donner au public un aperçu de la politique australienne concernant le traitement et la détention des demandeurs d’asile. Il a souligné que l’accent était mis sur la dissuasion plutôt que sur la protection et les droits de l’homme comme moteur de la politique. Il a également rappelé à l’auditoire qu’en dépit d’avoir été diabolisé comme «illégal» par le gouvernement australien, ces personnes étaient innocentes de tout acte et exerçaient un droit fondamental énoncé dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Carol Hucker, ancienne travailleuse sociale et conseillère, a témoigné personnellement des événements et des atteintes aux droits de l’homme dont elle avait été témoin en travaillant à Manus et à Christmas Islands. Mme Hucker a raconté les histoires affligeantes des détenus qu’elle avait rencontrés et décrit les conditions dans lesquelles ils ont vécu, mettant en avant les aliments non comestibles, l’hébergement et les soins médicaux inadéquats, la perte de biens personnels et la violence perpétrée par le personnel, en toute impunité.

De droite à gauche: Rachel Ball, Phil Lynch,Carol Hucker et Silvia Palomba

De  gauche à droite: Rachel Ball, Phil Lynch,Carol Hucker et Silvia Palomba

Au-delà de ces considérations physiques, Mme Hucker a souligné la perte d’espérance et de dignité personnelle (les détenus sont appelés par un nombre plutôt que par leurs noms), ainsi que l’inquiétude causée par le caractère indéfini de la détention.

Dans sa présentation, Rachel Ball, du Human Rights Law Centre de Melbourne, a cité les nombreux cas où la politique australienne concernant le traitement des demandeurs d’asile a été critiquée par les Nations Unies pour ne pas avoir respecté les normes internationales relatives aux droits de l’homme et comment la législation australienne viole le droit international. Elle a également souligné la nécessité pour l’Australie d’exiger une plus grande responsabilisation quant au respect des droits de l’homme de la part des entreprises privées qui participent au fonctionnement des centres de détention.

Tous les orateurs ont attiré l’attention sur la détention d’enfants, qui a des répercussions négatives sur leur accès à l’éducation et à leur santé mentale (un jeune de six ans avait tenté de se suicider). La réponse du gouvernement australien selon laquelle «l’intérêt supérieur de l’enfant est contrebalancé par d’autres considérations d’ordre politique» a été reçu avec inquiétudes.

En réponse, le représentant du gouvernement australien a refusé de répondre aux problèmes spécifiques soulevés, mais a souligné la volonté du gouvernement australien de continuer à s’engager avec la société civile afin d’écouter les préoccupations et d’améliorer la situation dans les centres de détention.

Un certain nombre de recommandations communes ont été avancées par les orateurs. Parmi elles, il a été conseillé à l’Australie d’abroger les dispositions relatives à la détention obligatoire et à la détention des enfants, ainsi qu’à veiller à ce que les demandes de protection des migrants soient correctement évaluées et surveillées de manière indépendante.

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